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· Week-end à Sète, ville italienne
 

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Date de création : 21.03.2012
Dernière mise à jour : 21.03.2012
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Week-end à Sète, ville italienne

Publié le 21/03/2012 à 16:10 par blogduvoyage Tags : soi mer

Chaque année, à la Saint-Louis, à l'occasion de joutes nautiques réputées, Sète célèbre ses noces avec la mer. Comme Venise, Sète est un archipel et si Naples est hantée par le Vésuve, Sète se blottit au pied du mont Saint-Clair. Italienne, authentiquement. Façonnée par les immigrants venus des villages de Gaeta et de Cetara (dans le sud de la péninsule) et dont elle a hérité la tielle (tourte aux poulpes) et la macaronade (pâtes au ragoût de boeuf) mais surtout une indéniable joie de vivre.

En fait, Sète est aussi un peu espagnole, un peu africaine et un peu languedocienne. Pour comprendre ce qu'était le site, au début de l'ère chrétienne, quand les Gaulois de l'étang de Thau alimentaient leurs maîtres romains en poisson fermenté ( garum), sillonner le quartier de Pointe Courte, au milieu des « capéchades », ces filets destinés à capturer anguilles et mulets. C'est là qu'Agnès Varda commença sa carrière de réalisatrice.

Aujourd'hui, les canaux sont peu à peu investis par les plaisanciers mais les immeubles modernes ne font pas oublier les vénérables entrepôts qu'on imagine encombrés de barriques de vin. Le long de la « Marine » (le canal qui relie l'étang de Thau à la Méditerranée), les quais de l'est sont, à l'heure du pastis, le rendez-vous favori de la jeunesse locale.

On peut y observer, au calme, l'autre rive, envahie de véhicules et de flâneurs à l'heure du retour des chalutiers. Une incursion sur le môle Saint-Louis donnera l'impression d'aborder Sète par la mer. Ville haute et mont Saint-Clair (182 m) méritent qu'on leur consacre une journée pour arpenter à pied les places et les rues où, comme en Italie, le linge sèche aux fenêtres. Emprunter ensuite le passage des « Trente-six marches », la « rue Rapide » ou le chemin de « Biscan pas » ( « Ne bisquons pas ») qui conduit au sommet du Saint-Clair. Reprendre son souffle dans les allées du délicieux clos de l'Ecole des Beaux-Arts. De la chapelle de la Salette, la vue s'étend jusqu'à Frontignan et la Petite Camargue. Par le chemin des Pierres-Blanches, on accède à une table d'orientation d'où l'on aperçoit la montagne d'Agde et, par temps clair, les Pyrénées. Le long des sentiers du parc, dévaler jusqu'à l'espace Brassens afin de se recueillir sur la tombe du chanteur inhumé au cimetière de Ramassis et non au cimetière marin, à l'instar de Paul Valéry et de Jean Vilar.

Se diriger ensuite vers le fort Saint-Pierre pour visiter le musée Paul-Valéry qui conserve des souvenirs des deux poètes. Quant au cimetière marin, on l'abordera par le haut pour, en descendant, « voir la mer palpiter entre les pins, entre les tombes ». Localiser celle de l'auteur de Charmes ne va pas de soi ; même les habitués y perdent leurs repères. Ne pas s'obstiner : l'important, c'est de se laisser doucement envahir par « le calme des dieux. ».